Le camp de Rivesaltes a servi à trois reprises pour l'internement de populations différentes. En 1939-1942 : réfugiés républicains espagnols de la Retirada — conditions catastrophiques, milliers de morts. En 1941-1942 : Juifs et Tsiganes rassemblés avant leur déportation vers les camps nazis. En 1944-1945 : collaborateurs et prisonniers de guerre.
Cette accumulation de mémoires douloureuses dans un même lieu est ce qui fait la singularité du camp de Rivesaltes. Chaque groupe a souffert ici pour des raisons différentes — et souvent ignorait ce qui avait précédé.
Le mémorial, conçu par l'architecte Rudy Ricciotti (né à Bone, Algérie, d'une mère espagnole réfugiée), est construit sur le site même des baraquements. Des murs de béton bas protègent les vestiges — le sol, les fondations, les graffitis des internés — sans les restaurer ni les reconstituer.
L'architecture est sobre et respectueuse. Le bâtiment principal est une rampe descend dans le sol — on entre dans le camp en descendant. Les expositions permanentes présentent l'histoire du camp et les témoignages des survivants.