La Têt naît dans le massif du Carlit (2 921 m), le point culminant des Pyrénées-Orientales, à 2 150 mètres d'altitude en Cerdagne. Elle descend en 116 km vers la Méditerranée, traversant successivement la Cerdagne, le Conflent, puis la plaine du Roussillon avant de se jeter dans la mer au nord de Perpignan.
Ce trajet vertical — 2 150 m à 0 m sur 116 km — donne à la Têt un caractère de torrent de montagne dans sa partie haute et de rivière lente et méandreuse dans sa partie basse. La Têt du Conflent n'est pas la Têt de la plaine.
La Têt reçoit en chemin de nombreux affluents : le Sègre (Cerdagne), la Rotja, la Carança, le Cady, la Lentilla (Conflent). Chacun de ces affluents a creusé ses propres gorges dans le granite.
La Têt est la principale ressource en eau douce des Pyrénées-Orientales. Son débit — alimenté par les névés du Canigó et du Carlit — est maximal en mai-juin (fonte des neiges) et minimal en septembre-octobre. C'est ce débit estival, quand la plaine a le plus besoin d'eau, que capte le réseau d'irrigation.
Le réseau de séquies (canaux d'irrigation médiévaux, du catalan sèquia) dérive l'eau de la Têt vers les champs dès le Moyen Âge. La Sèquia de Perpignan — le canal principal — traverse la ville depuis le XIIe siècle. Ce réseau, amélioré progressivement, irrigue encore aujourd'hui les cultures maraîchères et viticoles de la plaine.
Le Rec Mayor (le Grand Canal) est le canal médiéval qui traversait Perpignan, apportant l'eau de la Têt pour les tanneries, les moulins, les jardins. Aujourd'hui en partie souterrain, il reste la trace hydraulique du Moyen Âge dans la ville. Certains tronçons sont encore visibles dans les ruelles de l'écusson.
Le Train Jaune remonte la vallée de la Têt depuis Villefranche-de-Conflent. Pendant une grande partie du trajet, la voie longe la rivière — parfois au bord même de l'eau, parfois perchée sur des viaducs qui la franchissent. La Têt est le fil conducteur du voyage en Train Jaune.
Les gorges les plus spectaculaires — Thuès-Entre-Valls, Fontpédrouse — sont des endroits où le Train Jaune a dû trouver des solutions d'ingénierie audacieuses pour suivre la rivière. Le viaduc Séjourné (Fontpédrouse) franchit la Têt à 65 mètres de hauteur.