En 1009, le comte Guifred II de Cerdagne fonde l'abbaye Saint-Martin-du-Canigó sur les pentes du mont sacré. Ce n'est pas seulement un acte de piété — c'est une affirmation de souveraineté : contrôler le Canigó, c'est contrôler le symbole de la Catalogne.
Guifred II abdique en 1035 et termine sa vie comme moine dans son propre monastère. Il y meurt en 1049. Ce geste — un comte qui renonce au pouvoir pour la vie monastique — marque durablement la mémoire catalane.
L'abbaye est construite sur un éperon rocheux à 1 055 m d'altitude. Sa position est à la fois spectaculaire et symbolique — mi-chemin entre le monde des hommes et le sommet sacré. La vue sur le Conflent et les Aspres depuis les terrasses est exceptionnelle.
Abandonnée après la Révolution, l'abbaye tombe en ruine au XIXe siècle. La restauration commence en 1902 à l'initiative de l'évêque de Perpignan Carsalade du Pont. Aujourd'hui, la Communauté des Béatitudes y réside — des moines qui font visiter l'abbaye et chantent les offices.